Inspiration, qui es-tu, d’où viens-tu ?

Pourquoi est-ce que l’écrivain, le poète, l’artiste en général réussit à écrire, à peindre, à créer quelque chose à moment donné? On se demande toujours d’où lui viennent toutes ses idées. Mon propos n’est pas de donner une réponse définitive sur la question (je doute qu’il y en ait une), mais me laisser porter par cette thématique au gré de mes divagations. Seulement, avant de surfer sur les vagues de mon imaginaire, j’ai envie de tenter de trouver une réponse sinon cartésienne sur le sujet, rechercher d’autres avis sur la question.

Alors bien évidemment, comme tout le monde, je me suis plongée dans les méandres de la toile et ai tapé sur google la recherche suivante: « qu’est-ce que l’inspiration? »

Origine divine ou ésotérique?

Je suis tombée sur toute une série de sites ésotériques ou religieux qui ne définissent pas l’inspiration en tant que telle, mais en imaginent la provenance. Ainsi, l’inspiration serait d’origine divine ou tout au moins issue d’une force extérieure à l’homme. Suivent alors toutes sortes de digressions à ce propos que je ne relaterai pas ici. Surtout que, moi, j’avais envie d’une définition claire et sans ambiguïté, et que je voulais rester dans le monde objectif avant de m’échapper dans un ailleurs qui explique tout.

J’ai alors changé l’objet de ma recherche et ai inscrit: définition de l’inspiration.

« L’inspiration, c’est l’action qui consiste à faire entrer de l’air dans les poumons »

C’est ainsi qu’est définie, en position numéro 1, l’inspiration dans le (premier site) sur lequel je suis tombée . Tiens, je l’avais oubliée cette définition-là et pourtant elle est évidente! Suivent alors d’autres significations plus abstraites telles que « idée soudaine » ou « idée qui pousse à la création ».

Le Larousse, pour sa part, propose deux définitions distinctes de l’inspiration: la physiologique – un tout petit peu plus substantielle que celle du dictionnaire Internaute – et l’autre qui parle d’un mouvement intérieur, d’un enthousiasme, d’un souffle créateur.

Le plus exhaustif en la matière arrive en troisième position de ma recherche google: le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales français (CNRTL). Et là, l’inspiration de l’artiste est certes aussi considérée comme un « souffle créateur qui anime l’écrivain, l’artiste ou le poète ». Mais contrairement aux autres dictionnaires, il cite un auteur qui avoue la difficulté de définir l’inspiration . Car, franchement, parler de « souffle créateur », c’est bien joli, mais cela ne répond pas à la question: « c’est quoi l’inspiration, d’où est-ce que ça vient? »

Impossible définition

Conclusion, la notion d’inspiration semble impossible à définir.

L’inspiration, on la perçoit en soi à moment donné, elle surgit à l’improviste, elle est fugitive et s’échappe aussi vite qu’elle est apparue. Elle s’impose au créateur à moment donné et si celui-ci ne lui obéit pas à l’instant où elle lui vient, il lui est difficile de s’en souvenir a postériori. C’est comme un personnage, parfois on l’appelle muse, qui joue avec les nerfs du créateur. Un lutin qui n’en fait qu’à sa tête.

C’est pour cela que si l’écrivain est frappé d’une illumination subite au milieu de la nuit, il est forcé de se lever et de la coucher sur le papier. Sinon, timide et fugitive, elle risque fort de s’enfuir. L’artiste n’a alors plus que ses yeux pour pleurer l’idée disparue. Étrange que cette amnésie qui frappe l’auteur à son réveil le matin! Le pire, c’est qu’il lui reste l’empreinte de l’idée, comme une ombre de ce qu’il a pensé, mais impossible à reconstituer. Il sait qu’il a eu une idée mais ne se souvient plus de laquelle ou lorsqu’il en souvient, il ne retrouve pas ce « souffle créateur » qui l’avait envahi au cœur de la nuit. Il peine à coucher les mots qui lui venaient du fin fond de l’obscurité. Il s’en veut et regrette sa paresse nocturne.

Fortes de ces réflexions, mes pensées s’amusent alors à vagabonder au pays de l’imaginaire.

Et une idée saugrenue surgit.

« Et si l’air qui nous entoure était ce fameux porteur d’idées? »

Cela expliquerait tout! L’idée du souffle au sens littéral me plaît, m’amuse. Je m’imagine volontiers face à mon clavier d’ordinateur inspirant tranquillement l’air grâce auquel je vis. Et puis soudain, on ne sait pourquoi, au milieu de toutes ces particules d’oxygène qui rodent autour de moi, il y en a une ou deux, douées d’idées qui se mêlent aux autres et pénètrent à l’intérieur de mon corps, circulent en moi jusqu’à pénétrer dans mon coeur pour finir par s’exprimer au bout de mes doigts sans passer par l’étape cerveau… Ce n’est qu’ensuite que ce dernier se met en activité pour juger de ce qui a été écrit….

Bien sûr, c’est un peu étrange, comme vision. Mais qu’en sait-on? Et puis, quel est l’écrivain capable d’expliquer véritablement comment les idées les plus intéressantes lui viennent?

La plupart du temps, l’inspiration surgit non quand on l’appelle, mais justement quand on ne la recherche plus. Au milieu de la nuit, sous la douche ou que sais-je dans les endroits les plus improbables… Les écrivains (tous?) ont l’impression qu’elle vient d’ailleurs. Il m’est arrivé d’avoir l’impression que c’était mes propres personnages qui me donnaient les réponses aux questions que je me posais!

Quoiqu’il en soit, il ne faut pas chercher l’inspiration, mais la laisser venir…

Finalement, c’est comme l’amour: quand on le cherche il n’apparaît pas, c’est quand on ne le cherche pas ou plus –  voire même quand on n’en veut pas – qu’il surgit à l’improviste au détour d’un chemin. Il nous tombe dessus, il s’impose à nous et force les portes de notre cœur, sans que l’on puisse rien y faire. L’inspiration, comme l’amour, ne se laisse emprisonner dans aucune définition. Et c’est tout aussi bien comme ça…

Bien à vous,

Sylvie

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