Les poétiques : Désespoir

Texte sans un seul « a »

Depuis longtemps, je chemine, le coeur meurtri. Continuer, toujours continuer et vivre d’oubli. Seulement, mon esprit fébrile ne cesse de me murmurer son dépit d’être toujours en vie. Que ne puis-je pleurer ce désespoir qui me déchire! Tous ces pleurs retenus m’étouffent, noient l’être de feu que je suis.

Je me sens près de toi… tu es si loin… De désir pour toi, je me consume, je m’épuise. Je veux m’étendre ici, pour t’oublier, oublier ton sourire et les étoiles de tes yeux qui brillent en moi. Je sens encore l’odeur de ton corps, ce corps divin, ce corps de déesse qui m’envoûte. Pourquoi me quittes-tu, merveille des merveilles? Des tempêtes secouent mon être tout entier. Vénus n’est rien, tu es tout.

Oh! Dieu comment peux-tu permettre qu’elle me quitte! Entends-tu seulement mes suppliques? Je suis si seul! Est-il possible que ses sentiments pour moi se soient éteints?

Pourquoi ne dis-tu plus rien, mon coeur? Pourquoi ce silence? Est-ce un triste sire qui me dérobe ton coeur? Pourquoi ce mystère? Tu me quittes et ne me dis pourquoi. Je souffre… Cette existence me pèse. Je veux dormir, dormir pour ne plus me réveiller. Me coucher ici sur ce chemin poussiéreux.

Écrit par : Sylvie Guggenheim

Voir aussi toute la rubrique Les poétiques