Les poétiques : Le jeu

Froid qui pique

As de pique

Qui me l’a dit ?

Est-ce la souris ?

Neige blanche agacée

Rois et reines enlacés

Trèfle, cœur ou carreau ?

Pourquoi pas château ?

Les doigts s’agitent

Les cartent s’invitent

A toutes les tables

Pas toujours aimables.

Atout cœur

Quel malheur !

Quel bonheur !

A chacun son heure.

De gagner qu’importe

Que l’un prenne la porte

Et le jeu agonise.

Dans un coin, une chemise,
Laissée en gage

Par un page.

Quelques mégots,
Pas de magots…

Accoudés au comptoir,
Les joueurs, sur le départ,
Fouillent leurs poches,
Vides comme leurs valoches !

Plus aucun sou,
Pour boire un coup !

La rue obscure accueille

La défaite des uns,
La victoire sans écueil

De quelques-uns…

Écrit par : Sylvie Guggenheim

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