Les poétiques : Révoltes en liberté

Derrière les barreaux d’obscures tristesses.

Désespoir des oubliés du destin, des oubliés du temps.

Des rêves s’échappent, volent, s’envolent au-delà de l’azur, de la rue prisonnière.

Des rêves glissent, frôlent les rires et les pleurs d’enfants. Cris en joie. Jeux de vie.

Des rêves caressent les mains passantes, les visages éblouis, ensoleillés.

Un café délaissé, un café se bronzant face à la mer qui veille, qui se boira… peut-être.

Quelques pas de danse de marelles en marelles effacées, redessinées inlassablement, inutilement. Tentation. Tentation de vie, de joies interdites.

Des rêves glissent, se faufilent derrière les barreaux, les barreaux de sinistres mémoires, de désespoirs explosés… des espoirs en attente.

Tristesse des vieillesses aigries et maltraitées.

Des rêves roulent, courent, accourent, visent le cœur de l’au-delà, l’au-delà du cœur.

Paysages émerveillés, fascinés par un regard de prisonnière éternelle rêveuse.

Vieillesse tremblante et fripée, vieillesse aimante, en vie, envie de soleil bleu.

Bleu, le triangle de ciel cajolé, de ciel d’illimitée tendresse.
Bleu, le ciel, bleu toujours… grise la prison, gisent en prison de chair et de papier, les ciels éternités de prisonnière.

Les lointains se rapprochent, les barreaux s’estompent, s’enivrent de bleu, bleu des ciels éblouis de soleil. Contagion. Les rêves glissent à l’intérieur de la prison d’éternité.

Prisonnière éternelle, prisonnière d’éternel, prison, hier éternelle, aujourd’hui effacée de bleus soleils.

Écrit par : Sylvie Guggenheim

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